MENS 16 - Développement durable: de la parole aux actes

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Il y a quelques années, deux chercheurs canadiens, William Rees et Mathis Wackernagel, ont mis au point une méthode originale pour visualiser le mode de vie d'une personne, d'une ville ou d'un pays. Il suffit de calculer combien d'hectares de terres seraient nécessaires pour tout ce que l'on consomme et tous les déchets que l'on génère : espace sous la forme de terres agricoles, de forêts, de terres pour la construction de routes et de bâtiments, de pêcheries, de terre pour la consommation d'énergie. On obtient ainsi une empreinte écologique (ecological footprint).

Cette méthode révèle que les Etats-Unis ont les plus grands pieds avec une empreinte de près de 9 hectares par personne. La Belgique est quelque peu plus économe, nous consommons 5 hectares par personne. En ce qui concerne le Nigeria, cette empreinte s'élève à 1,7 ha et un habitant de l'Inde, à 0,8 ha seulement. C'est ainsi que la moyenne par citoyen du monde est de 2,3 hectares alors que la surface terrestre disponible ne permet une empreinte que de 1,7 ha par personne. L'empreinte des pays riches équivaut à la portée totale de la Terre. Pour subvenir à leurs besoins de consommation, ces pays utilisent aussi les terres fertiles des pays du Sud.

Wackernagel et Rees appellent cela la dette écologique des pays du Nord envers les pays du Sud. En d'autres termes, pour chaque Belge qui consomme trois fois de trop, trois autres personnes doivent se contenter du tiers... En tant qu'Occidentaux, nous vivons par conséquent largement au-dessus de nos moyens. Supposons que les pays du Sud évoluent un jour jusqu'à notre niveau de consommation, nous aurions alors besoin d'au moins trois planètes... mais, jusqu'à nouvel ordre, il n'existe qu'une seule Terre. Nous voici donc tout de suite plongés au coeur du problème : nous consommons trop et la répartition n'est pas équitable.

C'est cette constatation qui a finalement fait naître le concept de développement durable, formulé la première fois en 1992 à la conférence mondiale de Rio de Janeiro. Le développement durable répond aux besoins des générations actuelles mais sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins. Le défi consiste à garantir un niveau de consommation minimal (matériel) pour chaque citoyen mondial actuel et futur et à maintenir en même temps à un niveau maximal, les ressources naturelles.

A l'aide de différents exemples de projets et d'applications 'durables', nous souhaitons illustrer dans ce dossier comment on peut donner une chance à l'équité sociale et au respect pour l'environnement, les deux principes du développement durable, et dans quelle mesure la recherche scientifique constitue un instrument utile et indispensable dans ce processus. Nous essayons ainsi de clarifier la notion de développement durable et d'illustrer ce qu'elle signifie pour l'ensemble de la société, pour les entreprises, pour le gouvernement, pour vous et moi.

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