MENS 40 - Aspects d'évolution

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Jusqu'à la fin du moyen âge, on parlait à peine de sciences. Dans le monde occidental, la Bible était considérée comme la source universelle de connaissances. Pour ce qui n'y figurait pas, on se reportait surtout aux écrits de l'antiquité que l'on reprenait pratiquement sans le moindre esprit critique pour autant qu'ils ne soient pas en contradiction avec la Bible. Les idées qui ne s'y accordaient pas étaient si nécessaire brutalement réprimées, ce qui entraînait un frein important au niveau du développement des sciences (naturelles). La renaissance (16ème et 17ème siècles) et le siècle des lumières (18ème siècle) furent caractérisés par une mise en doute croissante des idées et théories influencées par l'Église avec pour conséquence l'avènement de pensées fondées sur l'observation et la raison. L'attention accordée essentiellement à Dieu et l'au-delà s'est dès lors déplacée surtout vers l'homme et la nature. De même, grâce à de nombreux penseurs, des innovations se sont dessinées dans des domaines très différents comme les arts, les sciences, la société, l'économie, etc. Les spéculations sur l'existence de l'évolution ont reçu une première impulsion importante avec l'essor de la géologie et de la paléontologie à la fin du 18ème et début du 19ème siècle. La vision que les masses terrestres ont un jour été élevées en chaînes de montagnes et que les couches géologiques présentent une séquence de formes de vie primitive puis de plus en plus moderne a compromis l'idée alors généralement acceptée émanant de la Bible que l'âge de la terre n'était que de quelques milliers d'années. Georges Cuvier (1769-1832), paléontologue français de notoriété, a alors rédigé la théorie des catastrophes. Celle-ci établit qu'au fil de l'existence de la terre, une série de catastrophes intenses s'est produite, après quoi Dieu a à chaque fois créé d'autres animaux et d'autres plantes et la création dont il est question dans la Bible n'en est que la toute dernière étape. Cette théorie nous amène au 19ème siècle, où les biologistes de l'évolution ont joué un rôle marquant dans ce que l'on désigne parfois aujourd'hui comme la révolution darwinienne. Nous pourrions également pointer cette période comme étant le passage d'une image du monde essentiellement statique (tout est tel qu'il a été créé et on ne peut y changer grand-chose) à une image du monde dynamique par essence (le changement est la règle, le passé est la clé vers le présent).

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